Le handicap touche 12 millions de Français. Parmi eux, 5 millions souffrent d’un handicap auditif, 3 millions ont une mobilité réduite et 1,7 millions ont un handicap visuel ; sans oublier les 700.000 français touchés par un handicap mental.

Le gouvernement par le biais de la Secrétaire d’État Sophie CLUZEL, répète inlassablement sa volonté de bâtir une société française inclusive où chaque citoyen trouve sa place. Cet objectif est évidemment louable et il est grand temps que notre pays assure la dignité des personnes en situation de handicap.

La France consacre 46 milliards d’euros chaque année pour l’action publique en faveur des personnes handicapées. Cette somme équivaut à 2,2% du PIB soit la somme cumulée des budgets des ministères de la Culture, des Affaires étrangères, de la Justice et de l’Intérieur. Cependant cette somme conséquente ne parvient pas à masquer les carences nombreuses du système français malgré les principes incantatoires et universels inscrits dans les lois ou textes internationaux.

Les personnes handicapées souffrent encore de trop nombreuses discriminations. Le handicap reste le principal motif de discriminations (22,7 %) loin devant l’origine (14,5 %) et l’état de santé (10,3 %). Ces actes insupportables sont rarement correctement sanctionnés par la justice dont le laxisme est visible décidément dans tous les domaines.

 

L’inclusion commence par l’école, institution fondamentale pour permettre aux enfants en situation de handicap de s’ancrer dans notre société́ en partageant les bases éducatives. La scolarisation d’un enfant handicapé est essentielle parce qu’elle est la condition sine qua non pour qu’il ait les mêmes chances que les autres de construire son avenir.

Pourtant de nombreux problèmes demeurent. On peut citer tout d’abord le manque d’Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) et des conditions de travail pas toujours compatibles avec les besoins des enfants.

Le gouvernement annonce le recrutement de 8.000 AESH mais il manque des effectifs pour aider les enfants faute d’un statut clair, d’une rémunération décente et d’une formation adéquate afin d’assurer une reconnaissance pleine et entière du métier. La mutualisation des AESH au sein des établissements mise en place pour des raisons de coût est une folie. La règle doit désormais être 1 enfant avec un AESH quand cela est nécessaire.

Sur le front de l’emploi, le taux de chômage des personnes handicapées reste deux fois supérieur à la moyenne nationale. Cela s’explique d’une part par la difficulté à accéder à des formations qualifiantes au-delà du baccalauréat général ou professionnel. D’autre part, les lourdeurs bureaucratiques et les craintes des employeurs liées au coût d’éventuels aménagements des postes de travail empêchent un recrutement plus poussé des personnes handicapées. Il faut donc mettre en place une nouvelle politique moins axée sur les sanctions mais davantage sur l’incitation à l’embauche sans oublier de faire respecter le taux de 6% de travailleurs handicapées dans les entreprises de + de 50 salariés comme dans la fonction publique.

Par ailleurs les personnes handicapées quelle que soient leurs soucis médicaux souffrent des problèmes d’accessibilité de l’espace public et des transports.

Le projet de rendre accessible notre pays est inscrit dans l’article 21 de la loi de 2005 et l’article 9 de la CDPH. Les gouvernements successifs ont détricoté l’obligation.

En 2014, les socialistes et Emmanuel Macron ont passé en catimini au mois d’août une ordonnance reportant l’obligation de mise en accessibilité des Établissements Recevant du Public à 2025. Cette décision honteuse impacte quotidiennement les déplacements et la vie sociale des personnes en situation de handicap.

Il n’est pas tolérable qu’en France les transports en commun demeurent inaccessibles comme beaucoup d’établissement recevant du public.
Il n’est pas admissible que les trottoirs ne soient pas abaissés et soient encore si dangereux.

L’inclusion des personnes handicapées passent aussi par la vie associative, le sport, la culture et tous les domaines qui constituent l’art de vivre à la française.

Enfin, une politique nationale digne de ce nom passe par une meilleure reconnaissance des aidants. Ces hommes et ces femmes passent leurs heures à s’occuper de personnes invalides et le manque de reconnaissance de leurs efforts est flagrant dans notre société.

En conclusion, la politique du handicap doit se décliner dans les territoires avec volontarisme.

Arthur Delaye

Arthur Delaye

Etudiant